vendredi 14 mai 2010

M et N

Être mal dans sa peau n'autorise pas à se comporter comme un connard. Et conforter le connard dans sa connerie est presque pire.

Je crois que les épreuves révèlent le vrai visage et les véritables sentiments des personnes. Et parfois, c'est pas beau à voir... Même des mois après, la révélation persiste (et signe) : le connard est démasqué au grand jour, et les proches atterrés doivent réagir : vont-ils l'accabler ou lui trouver des excuses ? Visiblement, tous n'ont pas la clairvoyance nécessaire pour le remettre dans le droit chemin.

Manque de courage, peur, fatigue, désespoir ? Toujours est-il qu'il danse sur son tas de fumier, comme un coq, mais un coq sculpté dans de la bouse, qui autrefois aurait pu laisser pousser des fleurs sur ce compost fertile, mais qui a décidé de repousser la beauté, et de ne garder que les plus vils instincts de sa race.

Cela me laisserait indifférente si ça n'affectait pas la plus fragile d'entre nous. Qui ne sait comment se protéger, et qui s'est trop dévoilée déjà. Pourquoi ne peut-il la laisser tranquille ? Est-ce qu'elle n'a pas assez de soucis déjà ? Celui qui était un dieu pour elle est devenu son bourreau et son cauchemar. Et il n'en a même pas conscience. Lui croit la connaître mieux qu'elle-même, sans lui avoir parlé plus d'une fois en un an. Et je ris de son orgueil et de sa folie. Mais je pleure celui qu'il était qui, s'il n'était pas parfait, partageait avec nous des rires et des rêves.

Aujourd'hui, il s'est exilé lui-même, et se perd dans son univers de haine, de colère, et de mégalomanie. Sait-il encore rêver ? A-t-il jamais su ce que signifiait réellement se montrer Clément ? La compassion, l'empathie, l'écoute et l'amour ont disparu de son vocabulaire.

La rage et la tristesse se mêlent en moi, comme deux faces d'un même miroir. Il était frère, il devient ennemi. Où cela va-t-il nous mener ? Qui va arbitrer ce combat silencieux ? Les figures illustres et froides qui contemplent l'échiquier ont d'ores et déjà choisi leur camp...

mardi 3 novembre 2009

Dilemme


L'hiver arrive... L'hiver qui charrie des flots de peurs dans mon esprit... L'hiver qui amène la terrible et nauséeuse dépression... L'hiver qui s'annonce cette année particulièrement sombre...

Le doute, la peur de l'avenir, le manque d'assurance, l'envie de baisser les bras... L'hiver dernier, je ne savais plus où donner de la tête. Cet hiver, j'ai plutôt peur de ne rien avoir à faire... Le spectre du chômage me guette, et je ne sais comment l'éviter... Ou plutôt, la solution ne me plaît guère.


Partir, pour une ville immense et froide où la solitude m'accompagnera à chaque instant. La voilà la solution. Mais comment quitter mon sud si accueillant, mon amour qui me soutient, et la chaleur d'amis que je commençais tout juste à connaître ?


Trouver du boulot. Un boulot qui me plaise, voilà tout le problème. Je ne suis pas sûre que la stratégie soit, finalement, mon point fort. La création, voilà ce que j'aime. J'ignore si je suis douée, et au fond de moi je pense que non. Mais j'aime. Si j'avais pris conscience de cela plus tôt, j'aurais pu bifurquer, me lancer dans des études plus artistiques... Ma conscience m'en a empêchée, cette petite voix qui me dit que ce n'est pas pour moi, que je ne suis pas assez créative, intelligente, que je n'en suis pas capable, et que ce genre de boulot ne mène qu'à la galère.


Alors que faire ? Rester ici et renier mon bagage en trouvant un travail sous-qualifié ? Partir, et trouver un travail à ma hauteur, mais seule, désespérément seule, en prenant le risque de perdre ce que j'ai mis si longtemps à construire ?


Plus qu'un mois... Tic-tac... Tic-tac...


vendredi 23 octobre 2009

Je est un autre


Pour toi, tout semble facile : des décisions rationnelles ont des conséquences logiques et immuables. Et moi je me perds dans un océan de doutes et d'incertitudes. Qui suis-je ? Pourquoi suis-je ici, quel sens donner à tout ça ? Suis-je vraiment seule, ou sommes-nous nombreux à vivre dans ce même corps qui me rebute ?

Inconscience et indécision, je ne sais que compliquer les choses, et gâcher le bonheur que tu me donnes. Je ne me contentes pas de ce que j'ai, je devrais relire Epictète. Je t'admire, parce que tu ne sembles souffrir de rien, roc immuable au milieu de la tempête qui règne dans mon esprit. Même si je sais que tu ressens, on dirait que ni l'amour ni la haine ne te traversent.

Ma fierté et mon estime de moi ont volé en éclat. Ta cicatrice, tu la vois chaque jour devant le miroir. La mienne est invisible à tes yeux, et s'obstine à ne pas guérir. Comme le bras coupé qui fait encore souffrir, ce qui manque à mon esprit est douloureux.

Comme tu dois me mépriser, pensant que je ne suis qu'une enfant gâtée, une "pauvre petite fille riche" qui se plaint sans aucune raison. Mais sais-tu seulement, toi qui juges si hâtivement mes pensées, ce que c'est que de vivre en perpétuelle contradiction avec soi-même, et d'en prendre douloureusement conscience à chaque instant ?

Peu importe ce que je fais, ce que je décide, ils disent que j'ai tort, et me font culpabiliser. Quand je change d'avis, ils me lapident. Quand je me regarde, ils posent un masque hideux sur mon visage. Si je parle, ils raillent le moindre de mes mots. Si je bouge, ils analysent, jugent et critiquent le moindre de mes gestes.

Alors ne sois pas trop cruel dans ton jugement, et n'attends pas de moi que je règle tous mes problèmes en un instant. Je ne peux me battre seule contre la foule hargneuse qui occupe mes pensées. Et si tu ne peux m'aider, qui le pourra ?

lundi 12 octobre 2009

Un nouveau départ ?

Je n'ai pas posté depuis juillet. La faute à ma vie, à Alice, et un peu à ma flemmardise (ou plutôt au fait que je travaille toute la journée, et que je n'ai plus trop la motivation d'écrire le soir venu).

Je ne peux pas dire que je prends la résolution d'écrire ici chaque jour, car je sais que je ne m'y tiendrai pas. Mieux vaut ne pas prendre de résolution irréaliste. Mais j'essaierai de poster une à deux fois par semaine, et ce sera déjà un bon début. Les textes ne seront pas toujours poétiques, pas toujours personnels, parfois reliés à l'actualité ou à quelque chose qui m'a marquée.



Alors j'attaque tout de suite avec une petite remarque que je me suis faite à l'instant. Je me suis aperçue que lorsque j'avais l'impression de m'embourber dans mes pensées, de me perdre dans mes activités et de ne plus savoir où j'en étais, ranger autour de moi, faire le ménage dans mon appart ou sur mon bureau, m'aide à y voir plus clair dans ma tête.
Je crois que ce n'est pas très nouveau, ce n'est pas une révélation, et beaucoup de personnes ont dû s'en apercevoir, mais c'est une petite astuce pour mieux travailler, mieux penser, mieux vivre (sans compter que le fait de faire le ménage au sens propre du terme, ben... c'est quand même nécessaire ! :p)


Sans transition, je parlais ce weekend avec un ami des rêves. Je lui expliquais que je pense sincèrement que notre cerveau (ou notre inconscient, pour les freudiens) essaie de nous dire quelque chose à travers les rêves. Une frustration, un sentiment qui ne parvient pas à s'exprimer, peut se servir du rêve pour se libérer.

Un exemple : Il y a un mois de ça, je dormais presque chaque nuit dans l'appartement où mon chéri avait habité avec son ex. Et je rêvais très régulièrement qu'il me quittait pour une autre, ou qu'elle revenait habiter la maison. Depuis qu'il a déménagé et que nous habitons ensemble dans un autre appartement, je n'ai plus fait ce genre de rêve. Je pense qu'avec le rythme de nos vies, nous ne nous écoutons pas assez, ni notre corps, ni nos pensées inconscientes, et que le rêve est une façon de renouer avec soi-même.

Pendant 2 ans, je ne me suis pas souvenue de mes rêves. Je ne dormais pas assez, je crois (à peine 4h par nuit). A présent, je m'en souviens presque tous les matins. Je "demande" à mon esprit de retenir mes rêves, et avant même de poser le pied par terre, je revis plusieurs fois le rêve, je me le repasse, j'essaie de comprendre pourquoi j'ai rêvé de ça, et ce que révèle le rêve sur moi. J'ai toujours été fascinée par les rêves, mais je pense que je rêveur est la seule personne à pouvoir comprendre ce qu'ils veulent dire. Les bouquins du type "Décryptez vos rêves" etc. n'ont aucun sens. Le rêve est personnel et intime. C'est comme si un livre vous décrivait votre caractère : impossible !

Et pour conclure ce beau paragraphe bien long et bien hétérogène, je citerai Philippe Châtel, dans son œuvre éternelle "Émilie Jolie" :

"Faites que le rêve dévore votre vie,
afin que la vie ne dévore pas votre rêve"


Good Day, and Good Luck !

mardi 28 juillet 2009

Participation

Dernièrement, sur Facebook, j'ai demandé à mes connaissances de me donner un mot, une image, un concept qui leur venait spontanément à l'esprit. En voilà la liste :

Pomme de terre
recherche
le pouvoir de l'esprit sur le corps
la force de la pensée et ses risques
platonisme
jeux interdits...
refoulement
pyramide
la crise et ses conneries
le chômage malgré moi
l amour et la haine
le pouvoir suprême
la famille
le monde et ses mystères
le don de soi ou d'organes
la stratégie et la manipulation des personnes
la tristesse
un oiseau qui vole dans le ciel
passer sa vie devant la télé à regarder des émissions genre Hélène et les garçons
l'influence des médias
être soi-même malgré le regard et les moqueries des autres
l'éco voyage
boule de neige
un baiser sous la pluie
une petite sieste allongée dans l'herbe
l'amour
un appart à louer
paris
des kangourous
une blonde
un téléphone

Je prévois prochainement d'écrire à partir de ces mots-là.

mardi 30 juin 2009

Miroir, mon beau miroir...

Se sentir belle...

A nouveau, penser que l'on est quelqu'un qui en vaut la peine ; se dire que, parfois, on se retourne sur vous dans la rue, qu'on vous remarque ; et que, peut-être, on vous envie.

Se sentir belle...

Pas la plus belle, non, juste un peu mieux que la moyenne, un peu exceptionnelle, différente ; se dire que quelque part, quelqu'un pense à vous d'une façon très particulière.

Se sentir belle...

Supporter son reflet un peu plus que cinq secondes ; se dire que tout n'est pas à jeter, et qu'il y a du bon et du beau dans ce visage et ce corps là.

Se sentir belle...

Malheureusement, ces instants volés sont trop rares, et bien souvent, je ne vois qu'un troll hideux dans ce miroir, qui devient alors mon pire ennemi.

Peut-être devrai-je me contenter de tes yeux comme reflet pour me sentir belle.

lundi 29 juin 2009

MC3

Bienvenue dans le monde des fourmis de l'ombre, travailleuses du jour et de la nuit, fébriles ouvrières d'une œuvre colossale qui ne leur sera jamais attribuée. Dans cet univers, chacune vaque à ses occupations, consciencieusement, vaillamment. Les unes à côté des autres, presque sans se voir, peu de mots, le strict nécessaire. Un peu de repos au zénith, consacré à se ravitailler, pour reprendre la tâche ardue qui les absorbe toutes entières.

Au soir, c'est la même ardeur qui les anime : relier, unir, exprimer, trouver le mot juste. Jamais elles ne cessent, toujours elles se donnent cœurs et âmes à leur passion, leur travail, leur vie. Elles se définissent par leur activité. Mais se définissent-elles seulement ? Parfois, elles en doutent, souvent elles n'y pensent même pas, trop préoccupées par leurs gestes, leurs paroles. Tout fait sens. Tout compte. Et si elles contaient à un passant leurs passionnantes occupations, y croirait-il ?

Tout est communication.