samedi 20 juin 2009

Le chemin du papillon




Solitaire est le chemin du papillon
Sitôt sorti de son frêle cocon
Ses ailes humides tout le long
N'osant prendre l'essor du faucon

Palpitant, hésitant, farouche
Voletant, tantôt sur une souche
Tantôt sur une douce bouche
Mourant si on le touche

A droite, à gauche, tenté
En haut, en bas, emporté
Par un souffle de vent ballotté
Et un jour, par une goutte écrasé

Éphémère sa vie, rapide son destin
Mais son image, telle un dessin,
Reste gravée sur mon cristallin
Cette flamme brûle sans fin...

*********

Tu traines ta peine dans les couloirs vides d'un château humide, et cet air flotte dans ton cerveau et dans la pièce autour de toi.

Tu sais que tu n'as aucune raison de penser à tout ça, et pourtant tu y penses, et cette mélodie lancinante te rappelle tout ce à quoi tu ne veux pas penser.
Tu sais que tu n'as aucune raison de te sentir mal et pourtant c'est ainsi tu te sens vide et triste et mélancolique.
Tu sais que tu n'as aucun moyen d'y échapper, que même si tu étais entourée d'amis tu penserais à la même chose.
Tu sais qu'un roi sans divertissement est un homme plein de misères, et tu te sens comme un miséreux sans divertissement.
Tu sais que c'est l'hiver qui approche, charriant comme une rivière glacée toutes ces émotions troubles et froides auxquelles tu voudrais échapper, mais qui t'emportent comme un torrent.

Tu sais que seule, tu n'y arriveras pas.
Et que l'an prochain tout recommencera...

*********

Douce nuit, lente nuit...
Se déroulant sans fin sous la toile d'un cinéma de quartier, sous l'étoile d'un vent haché. Que n'es-tu comme ces rapides et fugitifs éclairs de lumière qui sillonnent le ciel d'été, pourquoi me fixes-tu comme un poisson dans son bocal ?

Froide nuit, longue nuit...
Solitaire et pleine de vengeance, pourquoi me voler des instants que je réclame, pourquoi te dérober à moi et me laisser seule hors du temps qui court et stagne ?

Slow night, so long...

*********

Et le vol solitaire du papillon est sans fin, il vole, il plane, il palpite, il a froid, car l'hiver est là qui lui gèle les ailes. Il ne peut plus agiter ses faibles oriflammes, il tombe au sol immobile, et pourtant il continue à voler, car son esprit reste plus fort que sa chair.

Et pourtant, bientôt, l'esprit faiblit, il ne peut plus résister au blizzard glacé qui le transperce, et il finit, lui aussi par tomber, tomber sans fin dans un abîme de doutes et de souffrances.

Ils resteront là, son esprit et son corps, emprisonnés dans leur cocon de glace, attendant le dégel, la fin de l'hiver, le redoux... Car le papillon finira par renaître... L'espoir revient toujours, au moment où on s'y attend le moins.

Alors... il attend... tout en se disant qu'il ne devrait pas...


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